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Quand médecine et psychologie ne font pas bon ménage

34SA+4 jours de grossesse. La lumière au bout du tunnel devient de plus en plus intense, le bonheur de pouvoir serrer notre enfant dans nos bras approche enfin.

Je me rends, confiante, à l’hôpital pour une dernière échographie, celle qui permettra aux médecins de statuer sur la date et les circonstances de ma césarienne (anesthésie locale ou générale ? Quels risques d’hémorragie selon la position du placenta par rapport à ma cicatrice intra utérine?). Dans la salle d’examen, 2 stagiaires, 3 médecins et moi allongée sur la table. Mon bébé bouge bien, je le sens. Je suis sereine.

Les médecins échangent entre eux, je ne comprends pas leur jargon mais je les laisse délibérer. On me demande de faire un IRM pelvienne en complément « pour être sûrs » et de refaire une dernière échographie 10 jours plus tard. Jusqu’ici l’ambiance était rassurante. Jusqu’ici…

C’était juste avant que l’échographe me répète à trois reprises que le placenta est situé dans la zone cicatricielle et qu’il y a des risques non négligeables d’hémorragie. C’était juste avant qu’elle me répète avec insistance qu’il faut que je me prépare au risque éventuel d’une ablation de mon utérus. C’était juste avant qu’elle me demande si je tiens vraiment à avoir d’autres enfants. C’était juste avant que je m’effondre en larmes dans la rue.

J’ai pourtant essayé de lui soutirer des paroles réconfortantes, de lui faire dire que tous les cas de césarienne sur utérus cicatriciel ne se terminent pas nécessairement par une hystérectomie. Mais elle semblait plus soucieuse de s’assurer que j’avais bien compris les risques plutôt que de me rassurer sur les solutions possibles.

Après un parcours chaotique et difficile comme le nôtre, et comme beaucoup de couples confrontés à la PMA, on ne s’attend pas à un tel acharnement à quelques semaines du plus beau jour de notre vie.

Alors je relativise et je me dis que sous cette maladresse, se cache un médecin compétent et une équipe qui saura m’opérer pour donner naissance à mon bébé en pleine forme tout en conservant mon utérus afin de me laisser une chance d’avoir un deuxième enfant.

J’ai prévu de sensibiliser les médecins sur cette volonté. Pour le reste, j’ai décidé de leur faire confiance et de visualiser le positif jusqu’au jour J.