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Les hommes et la PMA (les « PMECs »)

Selon un article paru dans le journal 20 minutes le 10 février 2020, « pour la moitié des couples hétérosexuels en PMA, le problème vient de l’homme qui souvent est diagnostiqué tard ».

On se tourne en effet le plus souvent vers la femme quand un couple rencontre des difficultés à procréer et l’homme se sent souvent relégué à la seconde place, comme invisible. De ce fait, « beaucoup d’hommes ne se sentent pas concernés quand on parle d’infertilité », alors même que les études montrent que « pour 50 % des couples en PMA, c’est l’homme qui est à l’origine des difficultés du couple à concevoir ».

« On nous met tellement en tête le tic-tac de l’horloge biologique que beaucoup de femmes ne pensent pas à la dimension mec. D’autant que les hommes ne voient pas régulièrement un urologue, à la différence des femmes suivies par un gynécologue », selon les retours d’une pmette interrogée.

Un tabou qui a plusieurs explications, selon l’article : « Pour certains hommes qui ont déjà du mal à évoquer leurs difficultés dans la vie, détailler la mauvaise qualité de leur sperme ressemble à un aveu d’échec ». « Quand on leur parle de spermogramme anormal, ils ont l’impression que ça les dévirilise, qu’on évoque des troubles de l’érection, renchérit Charlotte Methorst urologue à l’hôpital Foch (Hauts-de-Seine). Ils ont peur d’en parler et d’être stigmatisés ».

« Si beaucoup de ces hommes taisent leur tristesse, c’est souvent parce qu’ils culpabilisent ». En effet, ils ont le sentiment d’imposer les traitements à leur femme alors même que le « problème » ne vient pas d’elle.

Mais la situation tend à évoluer. Suite à une étude publiée dans Human Reproduction en 2017, on constate que « le nombre de spermatozoïdes a diminué en moyenne de moitié entre 1973 et 2011, aux États-Unis, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande […] Les causes ne sont pas clairement établies, mais l’évolution de notre hygiène de vie (au hasard le tabac, l’alcool, la sédentarité, l’obésité, la malbouffe….) et de notre environnement (pollution, perturbateurs endocriniens, stress, ondes des téléphones…) revient régulièrement sur le tapis. » Résultat : aujourd’hui un bilan masculin est automatiquement prescrit dans la majorité des cas en PMA.

Au-delà de la dimension physique, qu’en est-il du ressenti des hommes sujets à la PMA ? Dans un article du magazine Psychologies en date du 18 octobre 2017, Benoît partage son expérience. Il aura attendu 4 ans, 4 FIV, 2 fausses couches et une interruption médicale de grossesse avant d’avoir le bonheur de devenir papa. Parmi les émotions ressenties lors de ce parcours du combattant, Benoît évoque les blessures inconscientes générées par ses proches lorsque ces derniers demandent des nouvelles de sa femme alors qu’ils sont deux à vivre l’angoisse du protocole de PMA. Il ne subit pas les traitements mais les vit tout autant en l’accompagnant du mieux qu’il peut. Il se sent relégué à la seconde place, « au rôle de donneur de sperme […] si réducteur ». Il raconte justement le prélèvement de sperme, réalisé en milieu « (in)hospitalier » car froid et impersonnel.

Finalement, Benoît affirme que « ce parcours de fertilité demande en réalité, à l’un et à l’autre, beaucoup de disponibilité physiologique, corporelle, psychologique et logistique. Une des grandes questions à résoudre est : comment faire en sorte de préserver aussi un espace amoureux dans lequel on peut partager ce que l’on ressent ? ». Il y répondra en sollicitant l’accompagnement d’un thérapeute seul sans sa femme. Un accompagnement salvateur qu’elle adoptera elle aussi, plus tard, avant de tomber enceinte naturellement de leur 1er enfant.

Pour lire les articles dans leur intégralité:

article 20 minutes

article Psychologies