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26 mai 2020 – Gabrielle

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as dû avoir recours à la PMA ?

Pendant 2 ans nous avons essayé d’avoir un bébé naturellement avec mon conjoint. Voyant que cela ne marchait pas, je suis allée voir mon gynécologue qui nous a orientés vers un centre de PMA pour nous faire faire des tests. Grâce à ces tests, on a découvert que j’avais le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et que ma glaire était trop acide et tuait les spermatozoïdes de mon conjoint. Pour couronner le tout, mon conjoint avait des spermatozoïdes trop feignants.

Combien de temps a duré ton parcours de PMA (combien de tentatives) ?

Notre 1er RDV a été pris en septembre 2017 et je suis tombée enceinte en avril 2018. J’ai eu 2 inséminations en tout.

Peux-tu nous expliquer quelles ont été les différentes étapes de ton parcours ?

Nous avons mis 2 mois pour réaliser les examens demandés par le centre de PMA. Ensuite mon conjoint a vu l’urologue qui lui a prescrit des vitamines à prendre pendant 6 mois afin d’essayer naturellement d’avoir notre bébé. De mon côté, on m’avait demandé de perdre du poids.

Comme nous étions de bonne volonté et motivés, le centre de PMA a accepté d’avancer la 1ère insémination qui a eu lieu en Février 2018. Malheureusement, nous n’avons pas pu la terminer car j’ai été victime d’une hyperstimulation. En mars 2018, nous avons recommencé le protocole en diminuant la dose d’hormones des piqûres et je suis tombée enceinte en avril.

Où en es-tu aujourd’hui ?

Ma fille aura bientôt 17 mois. Nous avons décidé avec mon conjoint que j’arrêterai la pilule le mois prochain. On se donne 6 mois pour que je puisse tomber enceinte naturellement et si cela ne fonctionne pas, nous reprendrons rdv avec notre centre de PMA afin de donner un petit frère ou une petite sœur à notre fille.

Selon toi, pourquoi est-ce que cela a fonctionné ?

Je pense que nous avons eu beaucoup de chance car malheureusement tous les couples n’ont pas le bonheur que cela fonctionne aussi vite. Nous avons été très bien suivis, dans un très bon centre. Il s’agit de la Clinique du Val d’Ouest à Lyon.

Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi dans ce processus ?

J’ai très mal vécu l’hystérosaltamographie qui a été douloureuse, surtout que je l’ai faite en tout début de parcours. Ça annonce la couleur pour le reste…et cela ne met pas en confiance.

De même, je me rappellerai toujours l’attente du verdict sur la qualité de ma glaire cervicale. Il s’agit d’un test réalisé après un rapport sexuel que nous devions faire à une certaine heure. L’infirmière qui nous a fait le prélèvement a mis beaucoup de temps pour revenir avec les résultats, ce qui me laissait penser qu’ils n’étaient pas bons. J’ai eu raison car à son retour elle nous a annoncé qu’aucun spermatozoïde n’avait survécu au rapport et que ma glaire cervicale était trop acide.

Là, je me suis dit que nous étions mal partis… Déjà que j’avais le SOPK, si on ajoutait ce souci, on n’y arriverait jamais ! Et pourtant 😉

As-tu eu recours à des techniques complémentaires ? (Psychothérapie, Médecines douces, autres…)

Je suis allée voir mon ostéopathe à 3 reprises pour m’aider à tout remettre en place au niveau des ovaires et de mon utérus.

Je pense que cela a aidé à me détendre.

Quel est le conseil que tu peux donner aujourd’hui aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant ?

Je conseillerais de ne pas avoir honte d’en parler car c’est important d’avoir quelqu’un à qui se confier. Ce n’est pas parce que nous avons du mal à tomber enceinte que nous ne sommes pas normales. Il faut oser en parler et demander de l’aide.

Personnellement, je m’étais confiée à ma famille et mes amis. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’on a découvert que 2 de nos amis avaient eu leurs enfants grâce à la PMA.

L’inconvénient est que certains couples peuvent être gênés de nous en parler, de peur de mal faire. Mais beaucoup nous demandaient si ça avançait, si on avait eu du nouveau et cela nous a souvent remonté le moral. En tous cas me concernant, cela m’a aidé à tenir, car mon conjoint est d’une nature plus réservée.

Communiquer avec son conjoint est également indispensable car ce sont des parcours qui peuvent mettre le couple en difficulté.

As-tu une anecdote à partager sur ton parcours en PMA qui pourra donner le sourire à ces femmes ?

Le jour où nous sommes allés voir l’urologue pour mon conjoint, il lui a demandé de se déshabiller pour l’examiner. J’entendais derrière le rideau le bruit des ustensiles pour mesurer les testicules de mon homme et l’urologue qui rigolait car un testicule était beaucoup plus gros que l’autre. Cela nous a redonné le sourire pour la journée et c’est resté une anecdote entre nous.

Tu as carte blanche pour exprimer tout ce dont tu as envie au sujet de la PMA et de ton expérience. Que souhaite-tu dire ?

La PMA est une expérience très stressante qui apprend beaucoup la patience et je pense qu’il faut absolument se sentir bien avec les gynécologues et les sages-femmes qui nous suivent. Si le courant ne passe pas et s’il n’y a pas écoute mutuelle, cela ne peut pas fonctionner. Il ne faut pas hésiter à dire quand il y a des choses qui ne nous plaisent pas ou quand on a envie de faire une pause. Si on ne le sent pas, il ne faut pas hésiter à dire non.

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30 avril 2020 – Julie

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as dû avoir recours à la PMA ?

A 19 ans, en 2005, on me découvre un cancer du système lymphatique qui s’étend du cou à ma rate. J’avais du liquide dans le thorax qui comprimait mon cœur ainsi que mes poumons, et le traitement qui m’a été prescrit a eu des effets secondaires sur ma fertilité. A l’époque, j’avais conscience du choix que je faisais mais je voulais me donner le maximum de chances de vivre.

Durant cette période et pour essayer de protéger ma fertilité, j’ai continué à prendre ma pilule et tous les mois je m’injectais du décapeptyl pour renforcer le blocage ovarien. Comme j’étais étudiante pour devenir pilote de ligne, je me suis concentrée sur mes études durant le traitement et ça m’a permis de traverser cette épreuve. Cela a payé : mon cancer a disparu en 2006.

Combien de temps a duré ton parcours de PMA (combien de tentatives) ?

J’ai franchi la porte d’un service de PMA pour la première fois en 2012, et celle d’un CECOS en 2013.

Peux-tu nous expliquer quelles ont été les différentes étapes de ton parcours ?

Eté 2012, avec mon conjoint, nous décidons d’arrêter ma contraception. Je prenais la pilule depuis de nombreuses années pour régulariser mes cycles et traiter mon acné ; et par protection car une part de moi espérait quand même le miracle d’un bébé couette.

On était ensemble depuis 2006, pacsés depuis 2009 avec des hauts et des bas. Lui, s’épanouissait dans le boulot de ses rêves. Moi, je faisais avec ce que j’avais. Ayant connu quelques échecs, je renonce définitivement à mon ambition de devenir pilote de ligne et m’investis dans le boulot que j’occupe depuis la fin de mes études. On venait d’acheter une maison donc tout allait pour le mieux.

Hiver 2012, retour de vacances de rêve à l’ile Maurice, je n’ai toujours pas mes règles depuis l’arrêt de ma pilule et tout un tas de désagréments. J’en parle à ma gynécologue qui m’oriente vers le service PMA de l’hôpital à côté de chez nous.

Premier bilan hormonal réalisé, le couperet tombe, je suis ménopausée. Je m’étais préparée depuis longtemps à ma stérilité mais entendre que j’étais ménopausée à 28 ans a été un véritable choc. On nous oriente alors auprès du CECOS le plus proche afin de devenir couple receveur d’un don d’ovocytes.

Comme je suis ménopausée, aucune tentative ne sera faite avec mes propres ovocytes mais mon conjoint étant fertile, ses spermatozoïdes seront utilisés pour la fécondation.

J’ai été mise sous traitement hormonal de substitution. Cela n’a pas été facile, il y avait beaucoup de fatigue, des rapports douloureux, les nerfs à fleur de peau, sans parler des montagnes russes émotionnelles. Nos boulots respectifs en horaires décalés n’ont pas aidé : mon conjoint et moi travaillions tous les deux dans le transport aérien.

Lors de nos nombreux échanges, je le sensibilise sur la difficulté des mois voire des années qui nous attendent car je suis lucide sur la suite, j’ai été à bonne école avec mon cancer. J’aurais compris qu’il me dise qu’il ne se sente pas le courage de vivre cela et qu’il préfère vivre une histoire plus simple avec quelqu’un d’autre… Mais il accepte de me suivre dans cette aventure et nous nous inscrivons en liste d’attente dès l’été 2013.

De long mois s’ensuivent à attendre l’appel qui nous délivrera. Durant cette période, je vois mes amies tomber enceintes et accoucher. C’est également une phase difficile professionnellement car je suis contrainte de changer d’entreprise, à la suite d’un dépôt de bilan. L’accueil et l’intégration au sein la nouvelle structure sont difficiles et je pleure beaucoup. Mon conjoint ne comprend pas ma détresse, il ne supporte pas de me voir pleurer. Je n’ai donc personne avec qui échanger et ça me ronge, ça me bouffe de l’intérieur. Je m’adapte et enfile le masque « je vais bien, tout va bien » en m’investissant dans la rénovation de notre maison.

Avril 2016, nous avons enfin une donneuse compatible !

20 juin 2016 : 4 ovocytes sont prélevés. Nous obtenons 4 embryons.

Le 22 juin matin, je suis convoquée pour le transfert d’un embryon. Deux autres sont congelés, le 3ème n’ayant pas évolué correctement.

06 et 13 juillet 2016 : Test positif. Beta HCG plasmatique : 571 puis 6 238 UI/L !!!

Ma joie laisse rapidement place à la tristesse car à peine 30 minutes après la réception des résultats, mon conjoint part rejoindre des amis pour plusieurs jours de beuverie. A nouveau, je me sens seule et c’est devant la télé, en compagnie de mon chien que je savoure une mousse au chocolat et me laisse envahir par les questions, les doutes et les peurs qu’apportent cette grossesse tant attendue.

Où en es-tu aujourd’hui ?

Je suis maman d’une petite Lily née le 8 mars 2017 par césarienne.

Malheureusement, il n’y aura probablement pas d’autre grossesse pour moi. Le papa de ma fille m’a quittée pour une autre pendant mon 7ème mois de grossesse. De ce fait, je n’ai pas le droit d’utiliser les 2 embryons congelés puisqu’ils appartenaient à notre couple.

A ce jour, je n’ai pas encore trouvé celui avec qui j’aurais envie de me relancer dans cette aventure !

Selon toi, pourquoi est-ce que cela a fonctionné au bout de tant de temps ?

Ma motivation. Depuis mon cancer, je sais que les traitements ne font pas tout, une grosse partie de leur réussite repose sur notre manière de l’aborder et donc sur notre volonté.

Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi dans ce processus ?

Je regrette le manque d’informations sur les effets au quotidien de l’insuffisance ovarienne.

Je rêvais de ma grossesse, malheureusement elle a été mon pire cauchemar. Je n’ai pas pu en profiter comme je l’aurais souhaité. En effet, le 18 juillet 2016, j’ai eu une hémorragie utérine suite à un décollement me condamnant à passer les semaines suivantes allongée le temps que l’hématome se résorbe.

Quelques jours après, mon conjoint m’annonce qu’il y a une autre femme dans sa vie. Il me dit néanmoins que c’est moi et notre bébé qui comptent pour lui. Des paroles non accompagnées d’actes, ce qui m’enferme encore plus dans mon mal être, mes peurs et mes doutes. Il passe ses jours OFF avec elle. Cette situation me met dans un tel état de stress que je fais de l’hypertension.

Janvier 2017, il me quitte. Nouveau coup dur et perte d’estime de moi-même : être quittée à l’apogée de ma féminité pour une fille plus jeune, ça déstabilise. Pour ne pas accoucher prématurément, j’accepte de me faire suivre par une psychologue. Mais je commence à faire du diabète gestationnel.

Fin février, entre mon hypertension et mon diabète, il est décidé que j’accoucherai par césarienne. Je suis effondrée de ce nouveau coup du sort. Je me sens seule car je suis loin de mes parents qui habitent dans le Bas-Rhin. Le père de ma fille, lui, est occupé par sa nouvelle idylle. J’ai l’espoir qu’il change d’avis une fois notre fille dans les bras, je m’accroche à cette illusion car devenir maman solo me terrifie.

Ma césarienne est programmée le 08 mars 2017, ce qui est finalement une bonne chose, car en plus d’être restée en siège, ma fille a son cordon autour du cou.

Du fait de toutes ces péripéties, je n’ai pas fêté l’arrivée de mon rayon de soleil comme il se doit. Je n’ai même pas fait de faire-part, je ne savais pas quoi écrire. J’étais trop préoccupée à nous trouver un nouveau toit puisque mon ex-conjoint avait décidé de ne pas revenir. Nous avons déménagé dans notre nouveau chez nous, à toutes les deux, le 1er novembre 2017.

Même si cette période n’a pas été simple ni sereine pour moi, il n’y a pas eu un jour où je n’ai pas parlé à mon bébé, où je n’ai pas caressé mon petit bidon. Je lui racontais tout ce qu’il se passait dehors, pourquoi elle ressentait tant de tristesse, de colère en moi et surtout je lui disais combien je l’aimais déjà. Dès ma FIV, j’ai ressenti le lien, la connexion, l’amour inconditionnel entre ma fille et moi. D’ailleurs, je savais que c’était une petite fille bien avant mes échographies !

As-tu eu recours à des techniques complémentaires ? (Psychothérapie, Médecines douces, autres…)

Oui, j’ai préparé mon corps à la FIV puis à ma grossesse avec mon ostéopathe. J’ai également apaisé mon stress à l’aide de séances d’acupuncture auprès des sages-femmes de ma maternité.

Je me suis également offert une séance de micro-kinésithérapie au tout début de mon parcours en PMA. Là encore, j’avais déjà vu les bienfaits qu’apportent ces médecines, car j’avais été suivie par un médecin homéopathe pendant mon cancer.

Quel est le conseil que tu peux donner aujourd’hui aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant ?

Tout vient à point, à qui sait attendre ! Avoir des difficultés pour devenir maman n’est pas une fatalité mais une opportunité : celle de se rencontrer soi-même.

Et n’hésitez pas à faire appel à la médecine douce en parallèle de votre traitement médical. L’un n’empêche pas l’autre. Je dirais plutôt qu’ils se complètent.

Tu as carte blanche pour exprimer tout ce dont tu as envie au sujet de la PMA et de ton expérience. Que souhaites-tu dire ?

Deux bébés sont nés de ce parcours, ma fille et ma reconversion professionnelle.

Durant mon parcours, j’ai été blessée, écorchée vive dans ma féminité. Alors à la naissance de ma fille, j’ai voulu comprendre pourquoi ma vie était si chaotique. Je me suis longuement observée nue dans le miroir et le constat était flagrant : je ne savais plus qui j’étais.

Je me suis mise en quête de réponses à cette question : Qui suis-je ? Ma thérapie avec ma psychologue m’a apporté des premiers éléments de réponses.

En parallèle, le soir, une fois ma fille couchée, je faisais des recherches pour mettre des mots sur mes maux. Cette enquête m’a permis de comprendre pourquoi j’avais vécu autant de choses et je me suis retrouvée moi-même. Aujourd’hui j’adore aider les autres à prendre conscience de leur richesse. Je le fais notamment à travers mon métier de formatrice. Les rebondissements de ma vie m’ont permis de comprendre quelle était ma mission : aider les autres et surtout les femmes !

Je me suis toujours sentie extrêmement seule et incomprise, de manière encore plus exacerbée pendant mon parcours en PMA. C’est pourquoi je suis devenue écoute bénévole au sein de l’association Célia, avec l’idée déjà d’aller encore plus loin dans ma démarche.

Si certaines lectrices ont envie que je les accompagne dans une plongée au cœur d’elle-même, ça sera avec beaucoup de plaisir. Hypersensible, hyperémotive, intuitive, j’ai le don de claire sentence, ce qui me permet de mettre facilement des mots justes sur ce qu’elles ressentent. J’ai également des connaissances en psychosomatique et en lithothérapie. J’espère prochainement pourvoir débuter ma formation en soins holistiques et énergétiques pour ouvrir mon salon.

Je tenais également à témoigner pour mettre en lumière un autre aspect de la PMA : le don de gamètes. Ce sujet reste trop méconnu et tabou. J’aimerais inviter toutes celles qui sont dans notre entourage à se poser une question : pourquoi ne pas donner mes ovocytes ?!

Faute de donneuses, les délais sont très longs en France, de l’ordre de 3 à 4 ans. La majorité des couples en CECOS sont préalablement passés par un parcours éprouvant en PMA. Cela les oblige souvent à se tourner vers l’étranger, où les délais sont plus courts mais aussi très couteux. Alors j’espère que parmi les lectrices, certaines oseront contacter un CECOS en vue d’un don.

J’espère aussi sensibiliser les couples à donner leurs gamètes pour aider ceux qui n’ont pas la chance de connaître un parcours de la parentalité sans encombre. En faisant cela, ils leur offriront une chance de devenir parents et de vivre la fabuleuse aventure d’une grossesse.

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23 avril 2020 – Emilie

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as dû avoir recours à la PMA ?

J’ai rencontré mon mari en 2012 et nous avons rapidement décidé d’avoir un bébé.

Début 2013, je suis tombée enceinte naturellement. On s’en est rendu compte à plus de 3 mois de grossesse car je n’avais aucun symptôme et toujours mes règles. Un jour j’ai eu vraiment mal aux seins. J’ai donc fait un test de grossesse qui s’est avéré positif. Malheureusement, le jour de l’échographie on s’est aperçu que le cœur de notre bébé avait cessé de battre. J’ai dû avoir recours à un curetage pour le laisser partir.

Nous avons pris un peu de temps pour nous remettre de cette épreuve et nous avons recommencé à essayer naturellement jusqu’en 2016. N’étant toujours pas enceinte début 2016, nous avons décidé de consulter.

Combien de temps a duré ton parcours de PMA (combien de tentatives) ?

En tout cela nous aura pris 3 ans, si on compte seulement les années de protocole de PMA. J’ai eu 3 inséminations artificielles et la 3ème a été la bonne.

Peux-tu nous expliquer quelles ont été les différentes étapes de ton parcours ?

Avant de nous orienter vers la PMA, nous avons fait plusieurs examens (spermogramme, prises de sang, prélèvements vaginaux etc.) qui se sont avérés être normaux. La gynécologue en a conclu que nous étions dans un cas d’infertilité inexpliquée.

Elle nous a dirigé vers un centre de PMA tout en étant suivi au préalable par un psychologue en charge de s’assurer que notre couple était assez solide pour entrer dans ce protocole.

Nous avons commencé dans la foulée le traitement pour l’insémination. J’avais des piqûres quotidiennes à faire pour la stimulation ovarienne, des contrôles tous les deux jours et une dernière piqûre pour le déclenchement.

Le jour de l’insémination, les médecins m’ont injecté au fond de l’utérus les spermatozoïdes recueillis de mon mari après les avoir triés pour ne sélectionner que ceux de bonne qualité.

J’ai ensuite attendu 15 jours pour obtenir le résultat. Nous avons répété ce processus 3 fois : les 2 premières tentatives ont été vaines et la 3ème a été la bonne.

Où en es-tu aujourd’hui ?

Aujourd’hui je suis l’heureuse maman d’Elena, Enzo et Evan, des triplés de 9 mois qui sont nés le 16/07/19 à 34sa + 1.

Comment se fait-il que tu aies accouché de triplés ? Était-ce voulu/prévu ? Et quelle a été votre réaction à toi et ton mari quand vous l’avez su ?

La gynécologue avait acté que si cette 3ème insémination ne fonctionnait pas, elle nous ferait rentrer dans un protocole de FIV. Elle a donc opté pour un traitement de la dernière chance assez costaud. Au dernier contrôle avant de faire l’insémination, j’avais 3 gros follicules, donc 3 fœtus potentiels dans le cadre de l’insémination. Mais cela pouvait également échouer et ne donner aucun bébé. On a accepté de prendre le risque et cela a fonctionné !

Je me souviendrai toujours le jour de la 1ère échographie lorsque j’ai découvert que j’étais enceinte de triplés. Ma maman était avec moi car mon mari travaillait. Avant même que la gynécologue ne nous annonce la nouvelle, je les avais vus tous les 3 sur l’écran, je n’en revenais pas.

La gynécologue m’a alors sensibilisée sur la difficulté d’une grossesse multiple et m’a proposé d’effectuer une réduction qui consiste en l’injection d’un produit dans mon utérus pour stopper le cœur d’un ou deux fœtus, en sachant qu’il y a un risque pour la grossesse en elle-même.

Mon mari a un peu paniqué au début à l’idée d’avoir 3 enfants d’un coup mais on est tombé assez vite d’accord et on a décidé de les garder malgré les mises en garde insistantes de notre médecin. Après toutes ces années d’attente et de traitements, c’était impensable pour nous d’en éliminer ne serait-ce qu’un!

J’ai aussi eu la chance d’être intégrée dans un groupe de parents de triplés (et +) dans lequel j’ai reçu énormément de conseils, de soutien et cela nous a conforté dans notre choix.

Selon toi, pourquoi est-ce que cela a fonctionné au bout de tant de temps ?

Je pense que la 1ère tentative fonctionne rarement. Pour ce qui est de la deuxième, on n’avait pas de situation stable, pas de CDI, pas de gros revenus, un tout petit appartement et avec le recul je me dis que ça a probablement joué sur notre inconscient. De plus, on pensait énormément à notre désir d’enfant, tous les jours.

La troisième tentative, nous l’avons faite sans grande conviction et sans se poser trop de questions car on se disait que la FIV nous attendait ensuite. Cela nous permettait de relativiser. Notre situation était aussi plus confortable, nous avions chacun un CDI et une meilleure situation financière donc on était occupés tout en étant prêts psychologiquement à aller au bout. Et c’est là que ça a pris. Comme quoi le psychologique joue énormément.

Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi dans ce processus ?

L’attente ! C’est très long d’attendre sans savoir si cela va fonctionner ou pas.

As-tu eu recours à des techniques complémentaires ? (Psychothérapie, Médecines douces, autres…)

Je suis allée voir plusieurs fois un magnétiseur mais cela ne m’a pas convaincue donc j’ai arrêté.

Quel est le conseil que tu peux donner aujourd’hui aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant ?

Ne jamais perdre espoir ! Jamais ! Ça a été dur, ça a été long mais le résultat final en vaut la peine ! Ne lâchez jamais ! Votre miracle arrivera.

Tu as carte blanche pour exprimer tout ce dont tu as envie au sujet de la PMA et de ton expérience. Que souhaites-tu dire ?

J’ai souvent pleuré en voyant des femmes enceintes quand moi je n’y arrivais pas. Je les ai même détestées. J’en voulais à la terre entière. Et finalement le miracle est arrivé. Avec de la persévérance on y arrive.

Je conseillerais d’être soudé avec sa moitié. Il faut parler, exprimer ce qu’on a sur le cœur, ne pas garder les doutes et la tristesse pour soi, au risque d’exploser.

Un dernier conseil mais qui n’engage que moi : n’en parlez pas trop autour de vous, sauf si vous avez une totale confiance aux personnes en face. Celles et ceux qui ne passent pas par-là ne comprennent pas souvent notre vécu et nos ressentis. Ils ont parfois des mots durs, même si cela n’est pas intentionnel. Quand on est en plein protocole de PMA et sous traitement lourd, le mieux est de se protéger pour se donner toutes les chances de réussite.

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2 mars 2020 – Sylvie

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as dû avoir recours à la PMA ?

Lorsque mon mari et moi avions décidé d’avoir un enfant, nous ne pensions pas que cela prendrait autant de temps. J’étais jeune à l’époque, j’avais 22 ans et ma gynécologue ne semblait pas inquiète de la situation. D’après elle, cela pouvait parfois prendre du temps et étant donné mon âge et les résultats de mes différents examens gynécologiques, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter.

Au bout de 2 ans je n’étais toujours pas enceinte et je commençais à m’impatienter. Un soir, j’ai reçu une cliente dans mon salon de coiffure, elle était enceinte et était tellement heureuse qu’elle s’est livrée à moi sur son parcours plutôt atypique pour l’époque. C’était il y a 26 ans et la PMA était peu répandue et surtout assez taboue. Comme nous étions seules, elle m’a tout raconté et m’a donné le nom de son médecin.

C’est à cet instant que je décidai d’aller le consulter à l’hôpital Port Royal, à Paris. Mon mari et moi avons commencé ce processus par une longue série d’examens dont un spermogramme pour lui et c’est là que nous avons découvert un déficit de son côté.

Mon parcours a débuté par une insémination. Je suis tombée enceinte tout de suite mais au bout de 2 mois j’ai fait une fausse couche. A partir de là, les internes ont pris le relai et plus aucune insémination n’a fonctionné. Ça a été la descente aux enfers car chaque intervention réalisée me générait beaucoup de souffrances.

Combien de temps a duré ton parcours de PMA (combien de tentatives) ?

En tout j’ai eu 6 inséminations, sans succès. Il a donc été décidé de pratiquer une FIV qui me promettait plus de chances de succès. Mais là encore, les tentatives furent vaines.

Lors de la 1ère FIV il n’y a eu aucun transfert d’embryon, ça n’avait pas pris. Pour la 2ème FIV, 2 œufs de 48h m’ont été transférés. Des embryons de 2 jours c’est très jeune mais les médecins avaient remarqué qu’ils n’étaient plus viables au-delà de ce délai et donc au lieu de les perdre ils ont préféré leur donner une chance de survie en me les transférant au plus tôt. Sans succès encore une fois.

Cela faisait bientôt 8 ans que j’essayais de tomber enceinte et 6 ans que j’avais commencé le protocole de PMA. J’étais fatiguée moralement et physiquement. Je trouvais aussi que la prise en charge par les internes à l’hôpital laissait à désirer. Les interventions étaient douloureuses et j’avais l’impression que cela ne dérangeait personne.

J’étais sur le point d’abandonner quand je décidai d’aller voir ma gynécologue une dernière fois, pour un bilan. Lors de cet échange, elle me proposa une dernière insémination avant de passer à une autre technique, nommé ICSI* (FIV avec micro-injection intracytoplasmique). Je n’étais plus motivée pour recommencer un nouveau protocole et sans les encouragements de mon mari, je n’aurais sûrement pas accepté de faire cette dernière insémination en 1998. J’avais 30 ans et je suis tombée enceinte de jumeaux. Je ne remercierai jamais assez ma gynécologue qui a été très douce, contrairement aux expériences que j’avais eues à la clinique.

Où en es-tu aujourd’hui ?

J’ai 50 ans et mon fils vient d’en avoir 20. Son frère jumeau est décédé d’une méningite à l’âge de 4 ans. Je pense que cela a généré un manque chez lui et quand, à l’âge de 6 ans, il m’a demandé de lui faire un petit frère ou une petite sœur, je n’ai pas pu refuser. Mon mari y était également favorable.

Nous savions tous deux ce que cela représentait pour moi en termes de traitements et de souffrances. J’ai accepté d’essayer à condition de ne pas rentrer de nouveau dans un processus de PMA. Ce serait un enfant conçu naturellement ou rien. Au bout de quelques mois improductifs, je suis retournée voir mon médecin, pour un simple check. J’étais enceinte de jumeaux, j’avais 37 ans.

Aujourd’hui j’ai 3 beaux garçons. Mes deux derniers ont 13 ans.

Selon toi, pourquoi est-ce que cela a fonctionné au bout de tant de temps ?

Déjà, je pense que l’aspect psychologique joue beaucoup. Sans le soutien moral de mon mari je ne serais pas allée au bout et j’aurais arrêté d’y croire. Ce qui est également marquant c’est que pour ma 2ème grossesse, j’étais beaucoup moins stressée car nous étions déjà parents et bizarrement je suis tombée enceinte naturellement. Le lâcher prise a été bénéfique.

Ensuite, le praticien joue aussi beaucoup dans la réussite du projet. Si on ne se sent pas soutenu ni accompagné, cela ne fonctionne pas. J’en suis convaincue. Il faut se sentir en confiance face à quelqu’un de consciencieux et d’humain.

Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi dans ce processus ?

L’importance de la cohésion de couple. Le parcours de PMA nous a énormément soudés mon mari et moi. C’est lui qui me faisait mes piqûres car cela lui permettait de participer activement à la mise au monde de notre bébé. Malgré les souffrances encourues, la PMA nous a beaucoup rapprochés et sans son soutien je ne serais sûrement pas maman aujourd’hui.

Au-delà de ça, la prise en charge peu « humaine » à l’hôpital m’a aussi beaucoup marquée. J’avais le sentiment que pour les internes c’était la routine alors que pour moi, c’était mon futur bébé qu’on m’inséminait ! Je souffrais à chaque intervention sans que cela ne semble déranger qui que ce soit. Je me souviens d’une fois où l’interne qui me faisait l’insémination racontait à ses collègues ce qu’il avait déjeuné à midi…

As-tu eu recours à des techniques complémentaires ? (Psychothérapie, Médecines douces, autres…)

Non. Cela ne se faisait pas à l’époque. Si c’était aujourd’hui, je ferais appel aux médecines douces sans hésiter.

Quel est le conseil que tu peux donner aujourd’hui aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant ?

Je leur conseillerais de ne pas lâcher, d’être patiente et de ne pas y penser même si je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire. Je leur dirais aussi de ne pas hésiter à parler à des gens compétents comme des thérapeutes pour se libérer l’esprit et d’essayer les médecines douces, les massages ou encore le yoga pour apaiser le corps qui est mis à rude épreuve.

As-tu une anecdote à partager sur ton parcours en PMA qui pourra donner le sourire à ces femmes ?

La veille de ma dernière insémination, mon mari m’a fait la piqûre à un mariage. Nous étions aux WC. Il avait tellement pris l’habitude de les faire que cela ne nous a posé aucun problème même si c’était quand même assez insolite comme endroit. Nous en rions aujourd’hui car c’est cette dernière piqûre qui m’a permis de tomber enceinte la première fois !

Tu as carte blanche pour exprimer tout ce dont tu as envie au sujet de la PMA et de ton expérience. Que souhaites-tu dire ?

J’aimerais ajouter qu’au-delà de la souffrance endurée par les femmes lors d’un processus de PMA, celle des hommes est aussi à prendre en compte. On a tendance à les laisser de côté car on part du principe que ce ne sont pas eux qui subissent les traitements. Mais ils ont autant besoin que nous d’être accompagnés. Ils veulent autant que nous devenir parent et se sentent souvent impuissants car incapables physiquement de nous venir en aide. Avec du recul, je réalise à quel point cela a dû être difficile pour mon mari de trouver sa place dans ce processus.