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Coup de coeur – lecture de juillet

Voici un livre coup de poing. Je l’ai découvert par hasard sur le net en recherchant des lectures sur la PMA. Il m’a bouleversée.

Il restitue l’histoire vraie de Judith qui aura mis plusieurs années pour tenter de tomber enceinte notamment grâce à la FIV avant de se résigner. Elle nous partage son expérience sans tabou et en toute sincérité entre fausse couche, grossesses extra utérines et FIV douloureuses.

Un livre qui mérite d’être lu par les femmes en cours de traitement ou ayant vécu ce parcours du combattant.

Un livre qui mérite d’être parcouru par tous ceux qui ignorent ce sujet ou qui ont des idées arrêtées sans entrevoir la douleur occasionnée par les traitements.

Un livre qui mérite d’être offert à tous nos proches, ceux qui aimeraient nous comprendre et nous aider mais qui ne savent pas comment.

Un livre qui mérite d’être lu par le plus grand nombre, tout simplement.

Voici quelques phrases issues de l’ouvrage et qui résument souvent très bien notre état d’esprit dans un protocole de PMA :

La perte de contrôle : « Je commence à réaliser que nous avons réellement un problème pour procréer et cette soudaine découverte a sur moi un effet dévastateur. J’ai en effet l’habitude d’exercer un certain contrôle sur ma vie »

La colère : « Aujourd’hui ce qui me révolte, c’est que n’importe quel imbécile se reproduit le plus naturellement du monde, quand nous, intellos flippés que nous sommes, passons le plus clair de notre temps au lit à établir des courbes de température et à dessiner des graphiques »

« Mon corps n’est qu’un instrument trompeur. Il détruit tout, quand moi, je veux construire ! »

La tristesse/ l’incompréhension : « La confrontation avec des femmes enceintes que je ne connais pas m’agace. Lorsqu’il s’agit d’amies, j’ai beaucoup de mal à le supporter, mais de la part de ma meilleure amie, c’est tout à fait inacceptable. Sa grossesse me renvoie à mes échecs »

La minimisation : « Beaucoup de gens sans enfants sont très satisfaits. Peut-être plus que ceux qui en ont, avec tous les problèmes, les responsabilités et les restrictions en tous genre que cela implique »

Le cycle du deuil : « […] même pour un fœtus, il fallait faire le deuil. […] le deuil se fait en quatre phases. La première : la négation ; la deuxième : la colère ; la troisième : la tristesse ; la quatrième : l’acceptation »

L’acceptation : « Comme, de toute façon, il faudra mettre un point final à cette histoire, je crois que le moment est venu. Je me sens suffisamment forte pour admettre que j’ai perdu la partie. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir. Ça suffit. Il est temps maintenant de commencer à être heureux ! »

Vous l’aurez compris, je vous recommande chaleureusement ce livre.

Bonne lecture.

Amélie

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9 juillet 2020 – La victoire après l’épuisement

24 juin 2020, c’est mon anniversaire, j’ai 36 ans et dans moins de 15 jours je vais accoucher de mon fils par césarienne avec 3 semaines d’avance.

C’est sans compter sur mon karma qui n’a pas toujours été clément avec moi question fertilité. Je reçois à 15h37 un appel de ma gynécologue m’alertant que les résultats de mon IRM pelvienne sont inquiétants : ils dénoncent un risque avéré de rupture utérine et d’hémorragie sévère. 2 risques pour la vie de mon bébé et la mienne.

La césarienne est donc avancée de 10 jours, soit 2 jours plus tard. Je suis sonnée, mon bébé aura 35 SA+6 jours et sera donc considéré comme prématuré. Je n’ai eu aucune contraction, c’est une grossesse parfaite, je suis d’une forme olympique et mon bébé n’a aucune envie de sortir ! Je l’imagine petit, chétif, fragile alors qu’il aurait pu rester au chaud encore quelques jours afin de continuer à grossir et gagner en énergie.

Je sens les larmes couler sur mes joues rougies d’émotion, je ne suis pas prête. Pas encore. C’est trop tôt. Je me ressaisis pourtant et j’accuse le coup : tout va bien se passer.

Le lendemain soir, je rentre à la maternité avec mon homme. Il dort dans ma chambre, sur un lit d’appoint. On nous a annoncé plus tôt dans la journée que la césarienne se ferait sous anesthésie générale. Je ne verrai donc pas mon fils sortir de mon ventre. Son père sera là pour l’accueillir et lui faire son 1er peau à peau. Je digère cette nouvelle information et me convainc que c’est pour le bien de mon fils et le mien. Et savoir que son père sera auprès de lui me rassure.

Jour J. Je suis sereine. On m’a affirmé que mon bébé ne risquait rien durant cette opération et que seul mon cas était à surveiller. Je suis soulagée et confiante. Tout va bien se passer.

8h57. Après ma préparation au bloc opératoire, on m’endort et on m’ouvre aussitôt pour déloger mon fils de son cocon douillet et éviter qu’il ne soit endormi par l’anesthésie. Il va bien, il mesure 44cm pour 2,460kgs. C’est une merveille que je découvrirai plus tard. En attendant, je suis toujours sur la table d’opération, les médecins s’afférant pour retirer le placenta qui peine à se décoller de ma paroi utérine. Il est alors décidé de laisser le placenta dans mon utérus afin d’éviter toute hémorragie. Il se désagrégerait sur les semaines à venir. 30 minutes après la naissance de mon fils, je suis recousue et amenée en salle de réveil.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Un happy end comme on les aime. A croire que moi, je n’aime pas ça.

15 minutes après ma venue en salle de réveil et toujours endormie sous l’effet de l’anesthésie, je fais une hémorragie. Je perds 2 litres de sang et je suis emmenée d’urgence au bloc pour 4 heures d’opération durant laquelle on me ligature les 8 artères et on me « saucissonne » l’utérus. On m’annoncera plus tard que la prochaine étape aurait été l’ablation de ce dernier.

Je ressors anémiée du bloc, avec un mal de chien et une seule envie : faire connaissance avec mon fils. Un vœu qui sera exaucé dans l’après midi avec 10 minutes de peau à peau. Je suis ensuite emmené dans le service de réanimation pour 48h d’observation et une transfusion sanguine.

Au total j’aurai vu mon fils 30 minutes sur les 2 premiers jours de sa vie. Une frustration énorme pour moi alors que je l’attends depuis plus de 4 ans. Autre conséquence non négligeable de cet accouchement douloureux : je ne pourrai probablement pas avoir de deuxième enfant, mon utérus étant trop fragilisé. Je garde néanmoins espoir : l’avenir nous dira si mon fils sera enfant unique ou non.

Je ressors de cette épreuve fatiguée (d’autant plus que j’allaite) et mon conjoint choqué d’avoir cru me perdre, mais nous sommes extrêmement reconnaissants du personnel hospitalier qui a été aux petits soins avec nous tout au long de mon hospitalisation.

Finalement, le parcours pour avoir notre bébé miracle aura été semé d’embûches jusqu’à la fin. Mais si cela était à refaire, j’irais les yeux fermés car quand je regarde mon fils, je me dis que cela en vaut la peine, assurément.

Maintenant j’en suis sûre : tout va bien se passer.

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Coup de cœur – lecture de juin

En ce mois de juin déconfiné, je n’ai pas voulu perdre les bonnes habitudes acquises lors de notre quarantaine forcée. J’ai donc pris beaucoup de plaisir à continuer mes sessions de lecture et notamment celle du livre d’Agathe Girod-Roux et Anne-Lise Pernotte « Avoir un enfant à 40 ans (ou presque) ».

Un ouvrage intéressant et complet qui traite à la fois de la PMA et des problèmes rencontrés par les couples quadragénaires souhaitant avoir un enfant sur le tard, mais aussi du vécu de la grossesse, de l’accouchement et de l’accueil du nouveau-né. Le tout est agrémenté de témoignages divers et variés qui permettent de relativiser et de se rassurer sur notre capacité à gérer aisément une grossesse tardive.

Je recommande donc cet ouvrage pour les plus de 40 ans mais pas que ! J’en ai à peine 36 et je pense le garder sur ma table de chevet pour m’aider avec bébé si besoin. Les conseils avisés et pertinents des 2 auteures me serviront, autant qu’à vous, j’en suis sûre.

Bonne lecture !

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Quand médecine et psychologie ne font pas bon ménage

34SA+4 jours de grossesse. La lumière au bout du tunnel devient de plus en plus intense, le bonheur de pouvoir serrer notre enfant dans nos bras approche enfin.

Je me rends, confiante, à l’hôpital pour une dernière échographie, celle qui permettra aux médecins de statuer sur la date et les circonstances de ma césarienne (anesthésie locale ou générale ? Quels risques d’hémorragie selon la position du placenta par rapport à ma cicatrice intra utérine?). Dans la salle d’examen, 2 stagiaires, 3 médecins et moi allongée sur la table. Mon bébé bouge bien, je le sens. Je suis sereine.

Les médecins échangent entre eux, je ne comprends pas leur jargon mais je les laisse délibérer. On me demande de faire un IRM pelvienne en complément « pour être sûrs » et de refaire une dernière échographie 10 jours plus tard. Jusqu’ici l’ambiance était rassurante. Jusqu’ici…

C’était juste avant que l’échographe me répète à trois reprises que le placenta est situé dans la zone cicatricielle et qu’il y a des risques non négligeables d’hémorragie. C’était juste avant qu’elle me répète avec insistance qu’il faut que je me prépare au risque éventuel d’une ablation de mon utérus. C’était juste avant qu’elle me demande si je tiens vraiment à avoir d’autres enfants. C’était juste avant que je m’effondre en larmes dans la rue.

J’ai pourtant essayé de lui soutirer des paroles réconfortantes, de lui faire dire que tous les cas de césarienne sur utérus cicatriciel ne se terminent pas nécessairement par une hystérectomie. Mais elle semblait plus soucieuse de s’assurer que j’avais bien compris les risques plutôt que de me rassurer sur les solutions possibles.

Après un parcours chaotique et difficile comme le nôtre, et comme beaucoup de couples confrontés à la PMA, on ne s’attend pas à un tel acharnement à quelques semaines du plus beau jour de notre vie.

Alors je relativise et je me dis que sous cette maladresse, se cache un médecin compétent et une équipe qui saura m’opérer pour donner naissance à mon bébé en pleine forme tout en conservant mon utérus afin de me laisser une chance d’avoir un deuxième enfant.

J’ai prévu de sensibiliser les médecins sur cette volonté. Pour le reste, j’ai décidé de leur faire confiance et de visualiser le positif jusqu’au jour J.

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07 juin 2020 – Nous sommes toutes mamans

En ce jour de la fête des mères, je pense d’abord à ma maman bien sûr, celle qui m’a donné la vie et sans qui je ne serais pas là aujourd’hui.

Je pense aussi à toutes celles qui sont enceintes et qui s’apprêtent à vivre ou revivre un voyage extraordinaire au cœur des émotions les plus fortes qu’une femme puisse expérimenter.

Je pense enfin à toutes celles qui se sentent mères, qui se veulent mères, qui espèrent devenir mères un jour avec tellement d’intensité qu’elles surmontent sans sourciller les épreuves de la PMA, des traitements lourds et des interventions à répétition. A toutes ces femmes, je leur dis qu’elles sont déjà des mamans. Car quand on donne autant de soi, quand on met autant de cœur à l’ouvrage, quand on s’inflige autant de douleur dans l’espoir de tenir un jour un petit être dans ses bras, on ne peut qu’être maman déjà. Dans l’état d’esprit en tous cas.

Être mère, c’est avoir un amour inconditionnel pour son enfant, c’est être là quand il en a besoin, c’est ne jamais baisser les bras pour l’accompagner dans les épreuves de la vie. Être mère c’est être une battante, une lionne, une louve, une protectrice. Ce que nous sommes déjà, à travers notre parcours de PMA.

Alors oui, femmes de PMA, je vous le dis : maman vous l’êtes déjà. Et c’est ce qui fera de vous une femme extraordinaire aux yeux de vos enfants quand ils seront enfin là.

BONNE FETE A TOUTES.

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26 mai 2020 – Gabrielle

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as dû avoir recours à la PMA ?

Pendant 2 ans nous avons essayé d’avoir un bébé naturellement avec mon conjoint. Voyant que cela ne marchait pas, je suis allée voir mon gynécologue qui nous a orientés vers un centre de PMA pour nous faire faire des tests. Grâce à ces tests, on a découvert que j’avais le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et que ma glaire était trop acide et tuait les spermatozoïdes de mon conjoint. Pour couronner le tout, mon conjoint avait des spermatozoïdes trop feignants.

Combien de temps a duré ton parcours de PMA (combien de tentatives) ?

Notre 1er RDV a été pris en septembre 2017 et je suis tombée enceinte en avril 2018. J’ai eu 2 inséminations en tout.

Peux-tu nous expliquer quelles ont été les différentes étapes de ton parcours ?

Nous avons mis 2 mois pour réaliser les examens demandés par le centre de PMA. Ensuite mon conjoint a vu l’urologue qui lui a prescrit des vitamines à prendre pendant 6 mois afin d’essayer naturellement d’avoir notre bébé. De mon côté, on m’avait demandé de perdre du poids.

Comme nous étions de bonne volonté et motivés, le centre de PMA a accepté d’avancer la 1ère insémination qui a eu lieu en Février 2018. Malheureusement, nous n’avons pas pu la terminer car j’ai été victime d’une hyperstimulation. En mars 2018, nous avons recommencé le protocole en diminuant la dose d’hormones des piqûres et je suis tombée enceinte en avril.

Où en es-tu aujourd’hui ?

Ma fille aura bientôt 17 mois. Nous avons décidé avec mon conjoint que j’arrêterai la pilule le mois prochain. On se donne 6 mois pour que je puisse tomber enceinte naturellement et si cela ne fonctionne pas, nous reprendrons rdv avec notre centre de PMA afin de donner un petit frère ou une petite sœur à notre fille.

Selon toi, pourquoi est-ce que cela a fonctionné ?

Je pense que nous avons eu beaucoup de chance car malheureusement tous les couples n’ont pas le bonheur que cela fonctionne aussi vite. Nous avons été très bien suivis, dans un très bon centre. Il s’agit de la Clinique du Val d’Ouest à Lyon.

Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi dans ce processus ?

J’ai très mal vécu l’hystérosaltamographie qui a été douloureuse, surtout que je l’ai faite en tout début de parcours. Ça annonce la couleur pour le reste…et cela ne met pas en confiance.

De même, je me rappellerai toujours l’attente du verdict sur la qualité de ma glaire cervicale. Il s’agit d’un test réalisé après un rapport sexuel que nous devions faire à une certaine heure. L’infirmière qui nous a fait le prélèvement a mis beaucoup de temps pour revenir avec les résultats, ce qui me laissait penser qu’ils n’étaient pas bons. J’ai eu raison car à son retour elle nous a annoncé qu’aucun spermatozoïde n’avait survécu au rapport et que ma glaire cervicale était trop acide.

Là, je me suis dit que nous étions mal partis… Déjà que j’avais le SOPK, si on ajoutait ce souci, on n’y arriverait jamais ! Et pourtant 😉

As-tu eu recours à des techniques complémentaires ? (Psychothérapie, Médecines douces, autres…)

Je suis allée voir mon ostéopathe à 3 reprises pour m’aider à tout remettre en place au niveau des ovaires et de mon utérus.

Je pense que cela a aidé à me détendre.

Quel est le conseil que tu peux donner aujourd’hui aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant ?

Je conseillerais de ne pas avoir honte d’en parler car c’est important d’avoir quelqu’un à qui se confier. Ce n’est pas parce que nous avons du mal à tomber enceinte que nous ne sommes pas normales. Il faut oser en parler et demander de l’aide.

Personnellement, je m’étais confiée à ma famille et mes amis. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’on a découvert que 2 de nos amis avaient eu leurs enfants grâce à la PMA.

L’inconvénient est que certains couples peuvent être gênés de nous en parler, de peur de mal faire. Mais beaucoup nous demandaient si ça avançait, si on avait eu du nouveau et cela nous a souvent remonté le moral. En tous cas me concernant, cela m’a aidé à tenir, car mon conjoint est d’une nature plus réservée.

Communiquer avec son conjoint est également indispensable car ce sont des parcours qui peuvent mettre le couple en difficulté.

As-tu une anecdote à partager sur ton parcours en PMA qui pourra donner le sourire à ces femmes ?

Le jour où nous sommes allés voir l’urologue pour mon conjoint, il lui a demandé de se déshabiller pour l’examiner. J’entendais derrière le rideau le bruit des ustensiles pour mesurer les testicules de mon homme et l’urologue qui rigolait car un testicule était beaucoup plus gros que l’autre. Cela nous a redonné le sourire pour la journée et c’est resté une anecdote entre nous.

Tu as carte blanche pour exprimer tout ce dont tu as envie au sujet de la PMA et de ton expérience. Que souhaite-tu dire ?

La PMA est une expérience très stressante qui apprend beaucoup la patience et je pense qu’il faut absolument se sentir bien avec les gynécologues et les sages-femmes qui nous suivent. Si le courant ne passe pas et s’il n’y a pas écoute mutuelle, cela ne peut pas fonctionner. Il ne faut pas hésiter à dire quand il y a des choses qui ne nous plaisent pas ou quand on a envie de faire une pause. Si on ne le sent pas, il ne faut pas hésiter à dire non.

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Les hommes et la PMA (les « PMECs »)

Selon un article paru dans le journal 20 minutes le 10 février 2020, « pour la moitié des couples hétérosexuels en PMA, le problème vient de l’homme qui souvent est diagnostiqué tard ».

On se tourne en effet le plus souvent vers la femme quand un couple rencontre des difficultés à procréer et l’homme se sent souvent relégué à la seconde place, comme invisible. De ce fait, « beaucoup d’hommes ne se sentent pas concernés quand on parle d’infertilité », alors même que les études montrent que « pour 50 % des couples en PMA, c’est l’homme qui est à l’origine des difficultés du couple à concevoir ».

« On nous met tellement en tête le tic-tac de l’horloge biologique que beaucoup de femmes ne pensent pas à la dimension mec. D’autant que les hommes ne voient pas régulièrement un urologue, à la différence des femmes suivies par un gynécologue », selon les retours d’une pmette interrogée.

Un tabou qui a plusieurs explications, selon l’article : « Pour certains hommes qui ont déjà du mal à évoquer leurs difficultés dans la vie, détailler la mauvaise qualité de leur sperme ressemble à un aveu d’échec ». « Quand on leur parle de spermogramme anormal, ils ont l’impression que ça les dévirilise, qu’on évoque des troubles de l’érection, renchérit Charlotte Methorst urologue à l’hôpital Foch (Hauts-de-Seine). Ils ont peur d’en parler et d’être stigmatisés ».

« Si beaucoup de ces hommes taisent leur tristesse, c’est souvent parce qu’ils culpabilisent ». En effet, ils ont le sentiment d’imposer les traitements à leur femme alors même que le « problème » ne vient pas d’elle.

Mais la situation tend à évoluer. Suite à une étude publiée dans Human Reproduction en 2017, on constate que « le nombre de spermatozoïdes a diminué en moyenne de moitié entre 1973 et 2011, aux États-Unis, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande […] Les causes ne sont pas clairement établies, mais l’évolution de notre hygiène de vie (au hasard le tabac, l’alcool, la sédentarité, l’obésité, la malbouffe….) et de notre environnement (pollution, perturbateurs endocriniens, stress, ondes des téléphones…) revient régulièrement sur le tapis. » Résultat : aujourd’hui un bilan masculin est automatiquement prescrit dans la majorité des cas en PMA.

Au-delà de la dimension physique, qu’en est-il du ressenti des hommes sujets à la PMA ? Dans un article du magazine Psychologies en date du 18 octobre 2017, Benoît partage son expérience. Il aura attendu 4 ans, 4 FIV, 2 fausses couches et une interruption médicale de grossesse avant d’avoir le bonheur de devenir papa. Parmi les émotions ressenties lors de ce parcours du combattant, Benoît évoque les blessures inconscientes générées par ses proches lorsque ces derniers demandent des nouvelles de sa femme alors qu’ils sont deux à vivre l’angoisse du protocole de PMA. Il ne subit pas les traitements mais les vit tout autant en l’accompagnant du mieux qu’il peut. Il se sent relégué à la seconde place, « au rôle de donneur de sperme […] si réducteur ». Il raconte justement le prélèvement de sperme, réalisé en milieu « (in)hospitalier » car froid et impersonnel.

Finalement, Benoît affirme que « ce parcours de fertilité demande en réalité, à l’un et à l’autre, beaucoup de disponibilité physiologique, corporelle, psychologique et logistique. Une des grandes questions à résoudre est : comment faire en sorte de préserver aussi un espace amoureux dans lequel on peut partager ce que l’on ressent ? ». Il y répondra en sollicitant l’accompagnement d’un thérapeute seul sans sa femme. Un accompagnement salvateur qu’elle adoptera elle aussi, plus tard, avant de tomber enceinte naturellement de leur 1er enfant.

Pour lire les articles dans leur intégralité:

article 20 minutes

article Psychologies

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Un peu de lecture en ces temps confinés

Profitant de ces longues journées de confinement pour me lancer dans de nouvelles lectures, j’ai choisi un thème que je connais maintenant très bien : la PMA.

J’ai choisi deux livres :

Le 1er, « Infertilité : mon guide vers l’espoir » de Déborah Schouhmann-Antonio, expose clairement et simplement les causes de l’infertilité, ce qu’est la PMA ainsi que les solutions pour bien vivre ce parcours. Une lecture fluide et agréable pour les novices comme pour les expérimenté(e)s. Je recommande !

Le 2ème, « PMA, le grand débat » de Bénédicte Flye Sainte Marie, est davantage rédigé sous forme de documentaire. Un ouvrage très complet qui permet de faire un tour d’horizon sur la PMA et la GPA en France et dans le monde et de mieux comprendre les enjeux autour de ces questions qui divisent notre pays.

Deux lectures complémentaires donc, qui permettent d’avoir une vision large de ce sujet ô combien sensible pour celles qui y sont confrontées.

Bonne lecture à toutes !

Amélie.

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30 avril 2020 – Julie

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as dû avoir recours à la PMA ?

A 19 ans, en 2005, on me découvre un cancer du système lymphatique qui s’étend du cou à ma rate. J’avais du liquide dans le thorax qui comprimait mon cœur ainsi que mes poumons, et le traitement qui m’a été prescrit a eu des effets secondaires sur ma fertilité. A l’époque, j’avais conscience du choix que je faisais mais je voulais me donner le maximum de chances de vivre.

Durant cette période et pour essayer de protéger ma fertilité, j’ai continué à prendre ma pilule et tous les mois je m’injectais du décapeptyl pour renforcer le blocage ovarien. Comme j’étais étudiante pour devenir pilote de ligne, je me suis concentrée sur mes études durant le traitement et ça m’a permis de traverser cette épreuve. Cela a payé : mon cancer a disparu en 2006.

Combien de temps a duré ton parcours de PMA (combien de tentatives) ?

J’ai franchi la porte d’un service de PMA pour la première fois en 2012, et celle d’un CECOS en 2013.

Peux-tu nous expliquer quelles ont été les différentes étapes de ton parcours ?

Eté 2012, avec mon conjoint, nous décidons d’arrêter ma contraception. Je prenais la pilule depuis de nombreuses années pour régulariser mes cycles et traiter mon acné ; et par protection car une part de moi espérait quand même le miracle d’un bébé couette.

On était ensemble depuis 2006, pacsés depuis 2009 avec des hauts et des bas. Lui, s’épanouissait dans le boulot de ses rêves. Moi, je faisais avec ce que j’avais. Ayant connu quelques échecs, je renonce définitivement à mon ambition de devenir pilote de ligne et m’investis dans le boulot que j’occupe depuis la fin de mes études. On venait d’acheter une maison donc tout allait pour le mieux.

Hiver 2012, retour de vacances de rêve à l’ile Maurice, je n’ai toujours pas mes règles depuis l’arrêt de ma pilule et tout un tas de désagréments. J’en parle à ma gynécologue qui m’oriente vers le service PMA de l’hôpital à côté de chez nous.

Premier bilan hormonal réalisé, le couperet tombe, je suis ménopausée. Je m’étais préparée depuis longtemps à ma stérilité mais entendre que j’étais ménopausée à 28 ans a été un véritable choc. On nous oriente alors auprès du CECOS le plus proche afin de devenir couple receveur d’un don d’ovocytes.

Comme je suis ménopausée, aucune tentative ne sera faite avec mes propres ovocytes mais mon conjoint étant fertile, ses spermatozoïdes seront utilisés pour la fécondation.

J’ai été mise sous traitement hormonal de substitution. Cela n’a pas été facile, il y avait beaucoup de fatigue, des rapports douloureux, les nerfs à fleur de peau, sans parler des montagnes russes émotionnelles. Nos boulots respectifs en horaires décalés n’ont pas aidé : mon conjoint et moi travaillions tous les deux dans le transport aérien.

Lors de nos nombreux échanges, je le sensibilise sur la difficulté des mois voire des années qui nous attendent car je suis lucide sur la suite, j’ai été à bonne école avec mon cancer. J’aurais compris qu’il me dise qu’il ne se sente pas le courage de vivre cela et qu’il préfère vivre une histoire plus simple avec quelqu’un d’autre… Mais il accepte de me suivre dans cette aventure et nous nous inscrivons en liste d’attente dès l’été 2013.

De long mois s’ensuivent à attendre l’appel qui nous délivrera. Durant cette période, je vois mes amies tomber enceintes et accoucher. C’est également une phase difficile professionnellement car je suis contrainte de changer d’entreprise, à la suite d’un dépôt de bilan. L’accueil et l’intégration au sein la nouvelle structure sont difficiles et je pleure beaucoup. Mon conjoint ne comprend pas ma détresse, il ne supporte pas de me voir pleurer. Je n’ai donc personne avec qui échanger et ça me ronge, ça me bouffe de l’intérieur. Je m’adapte et enfile le masque « je vais bien, tout va bien » en m’investissant dans la rénovation de notre maison.

Avril 2016, nous avons enfin une donneuse compatible !

20 juin 2016 : 4 ovocytes sont prélevés. Nous obtenons 4 embryons.

Le 22 juin matin, je suis convoquée pour le transfert d’un embryon. Deux autres sont congelés, le 3ème n’ayant pas évolué correctement.

06 et 13 juillet 2016 : Test positif. Beta HCG plasmatique : 571 puis 6 238 UI/L !!!

Ma joie laisse rapidement place à la tristesse car à peine 30 minutes après la réception des résultats, mon conjoint part rejoindre des amis pour plusieurs jours de beuverie. A nouveau, je me sens seule et c’est devant la télé, en compagnie de mon chien que je savoure une mousse au chocolat et me laisse envahir par les questions, les doutes et les peurs qu’apportent cette grossesse tant attendue.

Où en es-tu aujourd’hui ?

Je suis maman d’une petite Lily née le 8 mars 2017 par césarienne.

Malheureusement, il n’y aura probablement pas d’autre grossesse pour moi. Le papa de ma fille m’a quittée pour une autre pendant mon 7ème mois de grossesse. De ce fait, je n’ai pas le droit d’utiliser les 2 embryons congelés puisqu’ils appartenaient à notre couple.

A ce jour, je n’ai pas encore trouvé celui avec qui j’aurais envie de me relancer dans cette aventure !

Selon toi, pourquoi est-ce que cela a fonctionné au bout de tant de temps ?

Ma motivation. Depuis mon cancer, je sais que les traitements ne font pas tout, une grosse partie de leur réussite repose sur notre manière de l’aborder et donc sur notre volonté.

Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi dans ce processus ?

Je regrette le manque d’informations sur les effets au quotidien de l’insuffisance ovarienne.

Je rêvais de ma grossesse, malheureusement elle a été mon pire cauchemar. Je n’ai pas pu en profiter comme je l’aurais souhaité. En effet, le 18 juillet 2016, j’ai eu une hémorragie utérine suite à un décollement me condamnant à passer les semaines suivantes allongée le temps que l’hématome se résorbe.

Quelques jours après, mon conjoint m’annonce qu’il y a une autre femme dans sa vie. Il me dit néanmoins que c’est moi et notre bébé qui comptent pour lui. Des paroles non accompagnées d’actes, ce qui m’enferme encore plus dans mon mal être, mes peurs et mes doutes. Il passe ses jours OFF avec elle. Cette situation me met dans un tel état de stress que je fais de l’hypertension.

Janvier 2017, il me quitte. Nouveau coup dur et perte d’estime de moi-même : être quittée à l’apogée de ma féminité pour une fille plus jeune, ça déstabilise. Pour ne pas accoucher prématurément, j’accepte de me faire suivre par une psychologue. Mais je commence à faire du diabète gestationnel.

Fin février, entre mon hypertension et mon diabète, il est décidé que j’accoucherai par césarienne. Je suis effondrée de ce nouveau coup du sort. Je me sens seule car je suis loin de mes parents qui habitent dans le Bas-Rhin. Le père de ma fille, lui, est occupé par sa nouvelle idylle. J’ai l’espoir qu’il change d’avis une fois notre fille dans les bras, je m’accroche à cette illusion car devenir maman solo me terrifie.

Ma césarienne est programmée le 08 mars 2017, ce qui est finalement une bonne chose, car en plus d’être restée en siège, ma fille a son cordon autour du cou.

Du fait de toutes ces péripéties, je n’ai pas fêté l’arrivée de mon rayon de soleil comme il se doit. Je n’ai même pas fait de faire-part, je ne savais pas quoi écrire. J’étais trop préoccupée à nous trouver un nouveau toit puisque mon ex-conjoint avait décidé de ne pas revenir. Nous avons déménagé dans notre nouveau chez nous, à toutes les deux, le 1er novembre 2017.

Même si cette période n’a pas été simple ni sereine pour moi, il n’y a pas eu un jour où je n’ai pas parlé à mon bébé, où je n’ai pas caressé mon petit bidon. Je lui racontais tout ce qu’il se passait dehors, pourquoi elle ressentait tant de tristesse, de colère en moi et surtout je lui disais combien je l’aimais déjà. Dès ma FIV, j’ai ressenti le lien, la connexion, l’amour inconditionnel entre ma fille et moi. D’ailleurs, je savais que c’était une petite fille bien avant mes échographies !

As-tu eu recours à des techniques complémentaires ? (Psychothérapie, Médecines douces, autres…)

Oui, j’ai préparé mon corps à la FIV puis à ma grossesse avec mon ostéopathe. J’ai également apaisé mon stress à l’aide de séances d’acupuncture auprès des sages-femmes de ma maternité.

Je me suis également offert une séance de micro-kinésithérapie au tout début de mon parcours en PMA. Là encore, j’avais déjà vu les bienfaits qu’apportent ces médecines, car j’avais été suivie par un médecin homéopathe pendant mon cancer.

Quel est le conseil que tu peux donner aujourd’hui aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant ?

Tout vient à point, à qui sait attendre ! Avoir des difficultés pour devenir maman n’est pas une fatalité mais une opportunité : celle de se rencontrer soi-même.

Et n’hésitez pas à faire appel à la médecine douce en parallèle de votre traitement médical. L’un n’empêche pas l’autre. Je dirais plutôt qu’ils se complètent.

Tu as carte blanche pour exprimer tout ce dont tu as envie au sujet de la PMA et de ton expérience. Que souhaites-tu dire ?

Deux bébés sont nés de ce parcours, ma fille et ma reconversion professionnelle.

Durant mon parcours, j’ai été blessée, écorchée vive dans ma féminité. Alors à la naissance de ma fille, j’ai voulu comprendre pourquoi ma vie était si chaotique. Je me suis longuement observée nue dans le miroir et le constat était flagrant : je ne savais plus qui j’étais.

Je me suis mise en quête de réponses à cette question : Qui suis-je ? Ma thérapie avec ma psychologue m’a apporté des premiers éléments de réponses.

En parallèle, le soir, une fois ma fille couchée, je faisais des recherches pour mettre des mots sur mes maux. Cette enquête m’a permis de comprendre pourquoi j’avais vécu autant de choses et je me suis retrouvée moi-même. Aujourd’hui j’adore aider les autres à prendre conscience de leur richesse. Je le fais notamment à travers mon métier de formatrice. Les rebondissements de ma vie m’ont permis de comprendre quelle était ma mission : aider les autres et surtout les femmes !

Je me suis toujours sentie extrêmement seule et incomprise, de manière encore plus exacerbée pendant mon parcours en PMA. C’est pourquoi je suis devenue écoute bénévole au sein de l’association Célia, avec l’idée déjà d’aller encore plus loin dans ma démarche.

Si certaines lectrices ont envie que je les accompagne dans une plongée au cœur d’elle-même, ça sera avec beaucoup de plaisir. Hypersensible, hyperémotive, intuitive, j’ai le don de claire sentence, ce qui me permet de mettre facilement des mots justes sur ce qu’elles ressentent. J’ai également des connaissances en psychosomatique et en lithothérapie. J’espère prochainement pourvoir débuter ma formation en soins holistiques et énergétiques pour ouvrir mon salon.

Je tenais également à témoigner pour mettre en lumière un autre aspect de la PMA : le don de gamètes. Ce sujet reste trop méconnu et tabou. J’aimerais inviter toutes celles qui sont dans notre entourage à se poser une question : pourquoi ne pas donner mes ovocytes ?!

Faute de donneuses, les délais sont très longs en France, de l’ordre de 3 à 4 ans. La majorité des couples en CECOS sont préalablement passés par un parcours éprouvant en PMA. Cela les oblige souvent à se tourner vers l’étranger, où les délais sont plus courts mais aussi très couteux. Alors j’espère que parmi les lectrices, certaines oseront contacter un CECOS en vue d’un don.

J’espère aussi sensibiliser les couples à donner leurs gamètes pour aider ceux qui n’ont pas la chance de connaître un parcours de la parentalité sans encombre. En faisant cela, ils leur offriront une chance de devenir parents et de vivre la fabuleuse aventure d’une grossesse.

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23 avril 2020 – Emilie

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as dû avoir recours à la PMA ?

J’ai rencontré mon mari en 2012 et nous avons rapidement décidé d’avoir un bébé.

Début 2013, je suis tombée enceinte naturellement. On s’en est rendu compte à plus de 3 mois de grossesse car je n’avais aucun symptôme et toujours mes règles. Un jour j’ai eu vraiment mal aux seins. J’ai donc fait un test de grossesse qui s’est avéré positif. Malheureusement, le jour de l’échographie on s’est aperçu que le cœur de notre bébé avait cessé de battre. J’ai dû avoir recours à un curetage pour le laisser partir.

Nous avons pris un peu de temps pour nous remettre de cette épreuve et nous avons recommencé à essayer naturellement jusqu’en 2016. N’étant toujours pas enceinte début 2016, nous avons décidé de consulter.

Combien de temps a duré ton parcours de PMA (combien de tentatives) ?

En tout cela nous aura pris 3 ans, si on compte seulement les années de protocole de PMA. J’ai eu 3 inséminations artificielles et la 3ème a été la bonne.

Peux-tu nous expliquer quelles ont été les différentes étapes de ton parcours ?

Avant de nous orienter vers la PMA, nous avons fait plusieurs examens (spermogramme, prises de sang, prélèvements vaginaux etc.) qui se sont avérés être normaux. La gynécologue en a conclu que nous étions dans un cas d’infertilité inexpliquée.

Elle nous a dirigé vers un centre de PMA tout en étant suivi au préalable par un psychologue en charge de s’assurer que notre couple était assez solide pour entrer dans ce protocole.

Nous avons commencé dans la foulée le traitement pour l’insémination. J’avais des piqûres quotidiennes à faire pour la stimulation ovarienne, des contrôles tous les deux jours et une dernière piqûre pour le déclenchement.

Le jour de l’insémination, les médecins m’ont injecté au fond de l’utérus les spermatozoïdes recueillis de mon mari après les avoir triés pour ne sélectionner que ceux de bonne qualité.

J’ai ensuite attendu 15 jours pour obtenir le résultat. Nous avons répété ce processus 3 fois : les 2 premières tentatives ont été vaines et la 3ème a été la bonne.

Où en es-tu aujourd’hui ?

Aujourd’hui je suis l’heureuse maman d’Elena, Enzo et Evan, des triplés de 9 mois qui sont nés le 16/07/19 à 34sa + 1.

Comment se fait-il que tu aies accouché de triplés ? Était-ce voulu/prévu ? Et quelle a été votre réaction à toi et ton mari quand vous l’avez su ?

La gynécologue avait acté que si cette 3ème insémination ne fonctionnait pas, elle nous ferait rentrer dans un protocole de FIV. Elle a donc opté pour un traitement de la dernière chance assez costaud. Au dernier contrôle avant de faire l’insémination, j’avais 3 gros follicules, donc 3 fœtus potentiels dans le cadre de l’insémination. Mais cela pouvait également échouer et ne donner aucun bébé. On a accepté de prendre le risque et cela a fonctionné !

Je me souviendrai toujours le jour de la 1ère échographie lorsque j’ai découvert que j’étais enceinte de triplés. Ma maman était avec moi car mon mari travaillait. Avant même que la gynécologue ne nous annonce la nouvelle, je les avais vus tous les 3 sur l’écran, je n’en revenais pas.

La gynécologue m’a alors sensibilisée sur la difficulté d’une grossesse multiple et m’a proposé d’effectuer une réduction qui consiste en l’injection d’un produit dans mon utérus pour stopper le cœur d’un ou deux fœtus, en sachant qu’il y a un risque pour la grossesse en elle-même.

Mon mari a un peu paniqué au début à l’idée d’avoir 3 enfants d’un coup mais on est tombé assez vite d’accord et on a décidé de les garder malgré les mises en garde insistantes de notre médecin. Après toutes ces années d’attente et de traitements, c’était impensable pour nous d’en éliminer ne serait-ce qu’un!

J’ai aussi eu la chance d’être intégrée dans un groupe de parents de triplés (et +) dans lequel j’ai reçu énormément de conseils, de soutien et cela nous a conforté dans notre choix.

Selon toi, pourquoi est-ce que cela a fonctionné au bout de tant de temps ?

Je pense que la 1ère tentative fonctionne rarement. Pour ce qui est de la deuxième, on n’avait pas de situation stable, pas de CDI, pas de gros revenus, un tout petit appartement et avec le recul je me dis que ça a probablement joué sur notre inconscient. De plus, on pensait énormément à notre désir d’enfant, tous les jours.

La troisième tentative, nous l’avons faite sans grande conviction et sans se poser trop de questions car on se disait que la FIV nous attendait ensuite. Cela nous permettait de relativiser. Notre situation était aussi plus confortable, nous avions chacun un CDI et une meilleure situation financière donc on était occupés tout en étant prêts psychologiquement à aller au bout. Et c’est là que ça a pris. Comme quoi le psychologique joue énormément.

Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi dans ce processus ?

L’attente ! C’est très long d’attendre sans savoir si cela va fonctionner ou pas.

As-tu eu recours à des techniques complémentaires ? (Psychothérapie, Médecines douces, autres…)

Je suis allée voir plusieurs fois un magnétiseur mais cela ne m’a pas convaincue donc j’ai arrêté.

Quel est le conseil que tu peux donner aujourd’hui aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant ?

Ne jamais perdre espoir ! Jamais ! Ça a été dur, ça a été long mais le résultat final en vaut la peine ! Ne lâchez jamais ! Votre miracle arrivera.

Tu as carte blanche pour exprimer tout ce dont tu as envie au sujet de la PMA et de ton expérience. Que souhaites-tu dire ?

J’ai souvent pleuré en voyant des femmes enceintes quand moi je n’y arrivais pas. Je les ai même détestées. J’en voulais à la terre entière. Et finalement le miracle est arrivé. Avec de la persévérance on y arrive.

Je conseillerais d’être soudé avec sa moitié. Il faut parler, exprimer ce qu’on a sur le cœur, ne pas garder les doutes et la tristesse pour soi, au risque d’exploser.

Un dernier conseil mais qui n’engage que moi : n’en parlez pas trop autour de vous, sauf si vous avez une totale confiance aux personnes en face. Celles et ceux qui ne passent pas par-là ne comprennent pas souvent notre vécu et nos ressentis. Ils ont parfois des mots durs, même si cela n’est pas intentionnel. Quand on est en plein protocole de PMA et sous traitement lourd, le mieux est de se protéger pour se donner toutes les chances de réussite.