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26 mai 2020 – Gabrielle

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as dû avoir recours à la PMA ?

Pendant 2 ans nous avons essayé d’avoir un bébé naturellement avec mon conjoint. Voyant que cela ne marchait pas, je suis allée voir mon gynécologue qui nous a orientés vers un centre de PMA pour nous faire faire des tests. Grâce à ces tests, on a découvert que j’avais le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et que ma glaire était trop acide et tuait les spermatozoïdes de mon conjoint. Pour couronner le tout, mon conjoint avait des spermatozoïdes trop feignants.

Combien de temps a duré ton parcours de PMA (combien de tentatives) ?

Notre 1er RDV a été pris en septembre 2017 et je suis tombée enceinte en avril 2018. J’ai eu 2 inséminations en tout.

Peux-tu nous expliquer quelles ont été les différentes étapes de ton parcours ?

Nous avons mis 2 mois pour réaliser les examens demandés par le centre de PMA. Ensuite mon conjoint a vu l’urologue qui lui a prescrit des vitamines à prendre pendant 6 mois afin d’essayer naturellement d’avoir notre bébé. De mon côté, on m’avait demandé de perdre du poids.

Comme nous étions de bonne volonté et motivés, le centre de PMA a accepté d’avancer la 1ère insémination qui a eu lieu en Février 2018. Malheureusement, nous n’avons pas pu la terminer car j’ai été victime d’une hyperstimulation. En mars 2018, nous avons recommencé le protocole en diminuant la dose d’hormones des piqûres et je suis tombée enceinte en avril.

Où en es-tu aujourd’hui ?

Ma fille aura bientôt 17 mois. Nous avons décidé avec mon conjoint que j’arrêterai la pilule le mois prochain. On se donne 6 mois pour que je puisse tomber enceinte naturellement et si cela ne fonctionne pas, nous reprendrons rdv avec notre centre de PMA afin de donner un petit frère ou une petite sœur à notre fille.

Selon toi, pourquoi est-ce que cela a fonctionné ?

Je pense que nous avons eu beaucoup de chance car malheureusement tous les couples n’ont pas le bonheur que cela fonctionne aussi vite. Nous avons été très bien suivis, dans un très bon centre. Il s’agit de la Clinique du Val d’Ouest à Lyon.

Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi dans ce processus ?

J’ai très mal vécu l’hystérosaltamographie qui a été douloureuse, surtout que je l’ai faite en tout début de parcours. Ça annonce la couleur pour le reste…et cela ne met pas en confiance.

De même, je me rappellerai toujours l’attente du verdict sur la qualité de ma glaire cervicale. Il s’agit d’un test réalisé après un rapport sexuel que nous devions faire à une certaine heure. L’infirmière qui nous a fait le prélèvement a mis beaucoup de temps pour revenir avec les résultats, ce qui me laissait penser qu’ils n’étaient pas bons. J’ai eu raison car à son retour elle nous a annoncé qu’aucun spermatozoïde n’avait survécu au rapport et que ma glaire cervicale était trop acide.

Là, je me suis dit que nous étions mal partis… Déjà que j’avais le SOPK, si on ajoutait ce souci, on n’y arriverait jamais ! Et pourtant 😉

As-tu eu recours à des techniques complémentaires ? (Psychothérapie, Médecines douces, autres…)

Je suis allée voir mon ostéopathe à 3 reprises pour m’aider à tout remettre en place au niveau des ovaires et de mon utérus.

Je pense que cela a aidé à me détendre.

Quel est le conseil que tu peux donner aujourd’hui aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant ?

Je conseillerais de ne pas avoir honte d’en parler car c’est important d’avoir quelqu’un à qui se confier. Ce n’est pas parce que nous avons du mal à tomber enceinte que nous ne sommes pas normales. Il faut oser en parler et demander de l’aide.

Personnellement, je m’étais confiée à ma famille et mes amis. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’on a découvert que 2 de nos amis avaient eu leurs enfants grâce à la PMA.

L’inconvénient est que certains couples peuvent être gênés de nous en parler, de peur de mal faire. Mais beaucoup nous demandaient si ça avançait, si on avait eu du nouveau et cela nous a souvent remonté le moral. En tous cas me concernant, cela m’a aidé à tenir, car mon conjoint est d’une nature plus réservée.

Communiquer avec son conjoint est également indispensable car ce sont des parcours qui peuvent mettre le couple en difficulté.

As-tu une anecdote à partager sur ton parcours en PMA qui pourra donner le sourire à ces femmes ?

Le jour où nous sommes allés voir l’urologue pour mon conjoint, il lui a demandé de se déshabiller pour l’examiner. J’entendais derrière le rideau le bruit des ustensiles pour mesurer les testicules de mon homme et l’urologue qui rigolait car un testicule était beaucoup plus gros que l’autre. Cela nous a redonné le sourire pour la journée et c’est resté une anecdote entre nous.

Tu as carte blanche pour exprimer tout ce dont tu as envie au sujet de la PMA et de ton expérience. Que souhaite-tu dire ?

La PMA est une expérience très stressante qui apprend beaucoup la patience et je pense qu’il faut absolument se sentir bien avec les gynécologues et les sages-femmes qui nous suivent. Si le courant ne passe pas et s’il n’y a pas écoute mutuelle, cela ne peut pas fonctionner. Il ne faut pas hésiter à dire quand il y a des choses qui ne nous plaisent pas ou quand on a envie de faire une pause. Si on ne le sent pas, il ne faut pas hésiter à dire non.