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23 octobre 2019 – Charge mentale

On entend beaucoup parler de « charge mentale », terme le plus fréquemment utilisé pour ces femmes cumulant un emploi à plein temps, un rôle de maman et des tâches ménagères. Ces femmes, sollicitées de toutes parts tant sur leur lieu de travail qu’à la maison, doivent penser à tout, se sentent débordées et finissent bien souvent par craquer : stress, anxiété, dépression voire divorce. Car en effet, quand on se sent seule et incomprise par son conjoint, les disputes deviennent la routine, quand ce n’est pas la rupture de communication tout court. La séparation devient souvent inévitable.

Qui n’a pas déjà entendu dans son Open Space vers 17h30 « j’y vais, ma deuxième journée commence ! » au moment d’aller chercher ses enfants à l’école ou de libérer la nounou. Une situation tout ce qui a de plus normal aux yeux de la société en général et des patrons d’aujourd’hui bien que cela soit de plus en plus synonyme de mal être au féminin.

Pourtant, le terme de charge mentale ne concerne pas que ces femmes. En effet, selon l’étude d’Ipsos en date de février 2018, « près d’un français sur 2 (41%) associe la charge mentale à la gestion, l’organisation et la planification constante des tâches domestiques et parentales tandis que pour 24% la charge mentale se résume à une double journée et pour 13% comme l’articulation entre vie professionnelle et vie privée ». De même, « selon les français la fatigue (73%), le stress (59%) et l’irritabilité (56%) sont les principaux signes d’une charge mentale trop importante [ainsi] 82% d’entre eux estiment que ce phénomène peut être à l’origine d’un burn out professionnel ».

Ainsi, un homme ou une femme sans enfants peuvent être victimes de charge mentale. Nous crions rarement sur tous les toits nos soucis personnels que nous devons gérer au quotidien et qui occupent nos pensées. Un parent malade dont il faut s’occuper, une association dont nous faisons partie qu’il faut gérer ou des RDV médicaux hebdomadaires à assurer ponctués de traitements douloureux à assumer. Car oui, la PMA est lourde de conséquence sur le corps et l’esprit. Cela nous habite tout le temps. Quand on a le ventre gonflé et criblé de bleus, des nausées, des douleurs lancinantes dans les membres, on ne peut l’oublier. Quand les hormones nous donnent bouffées de chaleur, sautes d’humeur voire pics de déprime, on ne peut pas dire que la charge mentale ne soit pas omniprésente.

Alors, même si les mœurs changent doucement, même si les entreprises prennent peu à peu conscience de l’importance d’un équilibre entre vie pro et vie perso pour ses salariés en général, il reste à espérer que les regards réprobateurs cesseront quand une femme sans enfants quittera le bureau plus tôt plusieurs fois par mois. Car on ne va tout de même pas clamer qu’on va chez le gynéco, voyons.