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13 décembre 2019 – Junky bis

Après moult péripéties afin de pouvoir enfin lire un test de grossesse positif, voilà que le médicament que je m’injecte tous les jours est en rupture de stock.

S’ensuit une course folle à la recherche d’une pharmacie qui en aura en réserve, depuis Nantes jusqu’à Paris en passant par Marseille où je suis allée pour des raisons professionnelles. Impossible de mettre la main sur ma drogue. La rupture est nationale, les stocks ont été pillés par les autres femmes plus prévenantes que moi.

Mes tempes commencent à cogner, mon pouls s’emballe, les larmes sont au bord de mes yeux et je me dis que je ne suis pas arrivée jusque là pour subir un nouvel échec. Pas à cause d’un laboratoire pharmaceutique qui n’a pas su gérer sa production. Telle une junky, j’appelle tous les jours les pharmacies de mon voisinage pour faire un état des lieux. En vain.

Je croise les doigts, je serre les dents et le périnée, je parle tous les jours à mon bébé pour qu’il s’accroche, je lui donne ma force et mon repos pour qu’il reste au chaud avec moi.

Le progiron revient peu à peu en circulation après une semaine de pénurie. L’échographie de la 6ème semaine est positive : il est toujours là, son cœur bas de façon régulière et il évolue correctement. La victoire est encore loin mais la route s’éclaircit peu à peu et je suis aujourd’hui convaincue que ma petite myrtille (taille du fœtus à 6 semaines de grossesse) a envie de rester au chaud pour découvrir dans 8 mois ce monde merveilleux quelles que soient les épreuves qui seront mises sur notre chemin.

L’optimisme me gagne enfin et cela fait du bien.